KERDAVID

S’il m’avait fallu trouver un nom de famille “type”, je l’aurai fais commencer par le préfixe “Ker”, comme Kerdavid. En breton, ce préfixe signifie hameau, village ou encore maison selon le contexte. David étant un prénom, Kerdavid signifie tout simplement “Hameau de David”. Ce nom est surtout porté dans le Morbihan.
Dans la partie gallésante de la Bretagne, on retrouve beaucoup de lieu-dit ayant la même construction. Les “Ville Davy”, “Ville Bernard” désignent des lieux-dits et ne sont pas devenus des noms de famille au contraire des Kerdavid et autres.
http://gw.geneanet.org/jkerk?lang=fr&m=NG&fn=&sn=kerdavid&v=

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Jean Marie Le Masson (1888 – 1918)

Né le 15 janvier 1888 à Kernogan en Erdeven (56),  son nom est orthographié en un seul mot. Aléa de l’état-civil avant la délivrance automatique des livrets de famille. Jean Marie s’engage pour 5 ans le 4 mai 1909 dans la “Coloniale”. Bien qu’ayant grandi au sein d’une famille de couvreurs en paille, il déclare la profession de menuisier et est orienté en conséquence vers l’artillerie. Il fera ses “armes” au 1er Régiment d’Artillerie Coloniale (RACol). Une fois formé, c’est le début des promesses des affiches de recrutement de l’époque.

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En 1910, notre jeune bigor part pour le Sénégal, alors colonie française, à Dakar, au 6è RACol. Il s’y trouve encore lorsque son engagement arrive à son terme. Sans doute convaincu de son choix et des avantages qui l’avaient déjà séduit, il rempile pour cinq ans en janvier 1913. Au printemps de cette année, il regagne la métropole avant de partir à nouveau pour l’Afrique, au Gabon cette fois en janvier 1914. Il s’y trouve toujours lorsque la guerre éclate. La distance le préservera des combats en Europe, pour un temps.

En 1916, Jean Marie est réaffecté au 1er RACol. Cela signifie un retour en métropole, où les besoins en hommes sont pressants. Il débarque à La Rochelle le 2 juillet 1916. Il combattra dans ce régiment pendant un an et demi et connaîtra le feu lors des batailles de l’Aisne (1916-1917) et du Chemin des Dames (1917).
En Octobre 1917 et jusqu’en janvier 1918, il est affecté au 38è Régiment d’Artillerie de Campagne, qui prit position en Lorraine. Puis le 1er mai 1918, Jean Marie est affecté au nouveau 43è Régiment d’Artillerie Coloniale créé le 1er avril 1918. Il le rejoint en Macédoine, sur le front d’Orient. L’offensive qui sera conduite en Serbie , point d’origine du conflit, comme on nous l’apprend à l’école, débute en août 1918 et doit conduire à l’effondrement du front bulgare. Après avoir atteint la Bulgarie le 43è RAC rejoint sa division à Knjaževac (francisé en Kajenatz) en Serbie au 28 octobre 1918. La 17è Division Coloniale y est regroupée et la grippe espagnole en fait son affaire. La promiscuité, la forte contagiosité de cette maladie feront des ravages. Jean Marie Le Masson la contracte et décède à Knjaževac (Serbie) à 30 ans le 2 novembre 1918. La cause du décès étant une broncho-pneumonie grippale contractée en service, il bénéficiera de la mention Mort pour la France.

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Insigne d’épaule de l’artillerie de marine (coloniale)

Jean Marie Le Masson (1888-1918)

 

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1914-1918

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Il est des périodes qui ont durablement marqué l’Histoire. La première guerre mondiale est de celles-ci. S’étendant sur quatre ans, voyant soixante cinq pays et dépendances impliqués et faire s’affronter soixante huit millions deux cent huit mille cent soixante et onze hommes. Parmi eux, neuf millions sept cent mille succomberont aux combats. Huit millions neuf cent mille civils seront également victimes du conflit. Dix huit millions six cent mille morts.

Ce conflit a affecté chaque famille européenne.

Dans notre arbre aux racines bretonnes, plusieurs personnes sont recensées comme étant décédées au cours du conflit. Elles ont à ce titre reçue la distinction Mort Pour la France. D’autres y ont survécu, au prix de blessures, de souffrances, plus ou moins visibles et reconnues. Au total, à ce jour, une quinzaine d’anciens combattants ont eu leur parcours de retracé. Leurs fiches de matricule retrouvées, il a été plus ou moins simple de croiser et enrichir l’information.

En cette année du centenaire, je tenterai de retracer leur parcours dans le conflit ainsi que leur environnement familial.

Mais avant, un petit rappel des faits.

Nous sommes en 1914, la tension grimpe crescendo entre les Etats européens, l’assassinat de François Ferdinand le 28 juin ne vient que mettre le feu à un tas de poudre prêt à exploser. Les causes sont en effet multiples et souvent plus anciennes que cette étincelle. Cet assassinat servira de casus belli Casus Belli
Causes de la Première Guerre Mondiale, article détaillé

Le système de conscription établi en France était tel que tous les hommes non dégagés de leurs obligations militaires (ceux âgés de 21 à 51 ans) durent répondre au décret de mobilisation générale du 1er août 1914. Même ceux qui furent exemptés pour leur service, durent repasser devant une commission de réforme. Tout le monde était concerné. Il y a autant de parcours différents qu’il y a d’hommes. Tentons d’y voir plus clair, voire d’apprendre quelque chose…

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Jours fériés

ours fériés! Qui n’a jamais cherché à combiner un jour férié avec un jour de récupération ou un congé pour faire un “pont” me jette la première pierre! Voilà une préoccupation que n’avait pas nos ancêtres. La semaine de travail durait 6 jours, le dimanche était chômé. Point. Au quotidien on ne comptait pas ses heures, non, pas du tout. Le soleil fixait essentiellement la durée de la journée, impossible de travailler dans le noir pour nos aïeux cultivateurs et laboureurs.
Dans un autre aspect, c’est la loi qui a fixé, d’abord pour les enfants, la durée du travail quotidien. En 1848, on interdit le travail des enfants de moins de 8 ans. Les enfants de 8 à 12 ans ne pouvant travailler que 8 heures par jour. Plus tard, dans d’autres circonstances, des avancées sociales seront accordées aux femmes. La durée de travail sera fixée pour tous à 8 heures en 1919.
Cela ne veut pas dire que l’on ne va pas plus loin, mais qu’au delà de ces huit heures quotidiennes le travail est considéré comme du travail en heures supplémentaires, donnant droit à compensation. Les autres révolutions concernant la durée hebdomadaire arriveront avec les Front Populaire et les fameux congés payés. http://fr.wikipedia.org/wiki/Dur%C3%A9e_du_travail_en_France
Pour en revenir aux jours fériés, ils n’étaient pas aussi nombreux en France, ne serait-ce qu’au siècle dernier. Pour 2014, il y aura pas moins de 11 jours fériés, en comptant le Lundi de Pentecôte (que certainbs continuent de chômer)!
Revenons 100 ans en arrière, et comparons nos jours fériés. Nous sommes en 1914 et nous allons regarder notre calendrier des PTT.

Jour de l’an : jeudi 1er janvier 1914.
Pâques : dimanche 12 avril 1914.
Lundi de Pâques : lundi 13 avril 1914.
Ascension : jeudi 21 mai 1914.
Pentecôte : dimanche 31 mai 1914.
Lundi de Pentecôte : lundi 1er juin 1914.
Fête nationale : mardi 14 juillet 1914.
Assomption : samedi 15 août 1914.
Toussaint : dimanche 1er novembre 1914.
Noël : vendredi 25 décembre 1914.
La fête du travail le 1er mai est un jour chômé depuis 1919
La commémoration de la seconde guerre mondiale, le 8 mai 1945, est un jour férié en France depuis 1982
L’armistice de 1918 est un jour férié en France depuis 1922

7 jours sont fériés. 3 n’existaient pas. Et encore, les jours fériés, le sont ils effectivement? Tous les professionnels, toutes branches confondues, sont-ils de facto renvoyés chez eux à l’occasion d’un jour férié? Non. Il y a même des registres d’état civil ouverts un premier janvier à 08h00. Essayez aujourd’hui de déclarer une naissance un premier janvier!

Capture

Malgré tout, les jours fériés demeurent des repères, repères parce qu’associés la plupart du temps à une fête religieuse, repères parce que situé à des périodes charnières de l’année, repères parce que figurez-vous que l’année prochaine le lundi de pâques tombera un lundi et l’assomption à la mi-août!

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Julienne Madec (1819 – 1887)

Aujourd’hui, quand on épluche les statistiques nationales sur le site de l’Insee, on découvre que l’âge moyen au premier enfant ne cesse de croître, il aurait pris 4 ans en 50 ans, entre 1960 et 2010.

http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?reg_id=0&ref_id=ip1419&page=graph#graphique1

Fort de ce constat on imagine nos aïeux devenir parents à 20 ans à peine. Tous? Non.  Julienne Madec, née en 1819 d’une mère servante laboureuse et d’un père inconnu à Sulniac, commune morbihannaise située entre Questembert et Vannes, est là pour nous rappeler qu’à chaque période, les choses que l’on croient générales et constantes peuvent être contredites par des cas exceptionnels. Mais en quoi son histoire, sa trajectoire est exceptionnelle pour son époque?

Julienne est servante et grandie avec sa mère, elle-même “servante-laboureuse“. Employées par des laboureurs aisés, elles déménagent au gré des contrats tout en restant dans un espace géographique plutôt confiné. Louise Madec, sa mère décèdera à 62 ans à Larré, dont elle était originaire. Julienne a alors 23 ans et n’est pas encore mariée. Elle ne le sera que 19 ans plus tard. En 1861, elle s’unit à un journalier, de cinq ans son aîné, veuf et père d’une petite fille de 7 ans. Il s’agit de Jean Marie Champion, fils de cabaretier dont la femme est décédée au mois de mai 1861. En juillet 1861, il se marie à Julienne Madec. Nos jeunes mariés ont alors respectivement 47 et 42 ans. Aujourd’hui, ils s’entendraient dire qu’il serait difficile pour eux de fonder leur famille. Imaginez en 1861!

Pourtant, par deux fois,  la première à 44 ans et 2 jours, et la seconde à 45 ans et 10 mois, Julienne donnera la vie à une petite fille. Elle et son mari assisteront même au mariage de leur fille aînée, qui elle s’est marié à 22 ans, ils ont alors 66 et 71 ans. Jean Marie Champion décédera trois jours plus tard. Julienne Madec s’en ira à son tour le 17 décembre 1887.

C’est à ce jour, la mère la plus âgée de mon arbre.

Julienne Madec

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Electeurs!

En cette période électorale, où chacun d’entre nous va s’isoler pour mettre un bulletin dans une enveloppe puis glisser cette enveloppe dans une urne, où chaque adulte majeur dispose de facto ou presque du droit de vote, il me vient l’envie de rappeller qu’il en fût tout autrement il n’y a pas si longtemps.
Oui, nous disposons d’un droit que n’avaient pas la plupart de nos ancêtres.
Un article de l’encyclopédie libre et participative le relate dans le détail http://fr.wikipedia.org/wiki/Droit_de_vote_en_France
2012 = 43 000 000 d’électeurs. population française: 64 612 939.
1846/1847= 246 000 électeurs. population française: 36 097 000.

Ce n’est pas parlant? En 2012 cela réprésente environ 66 550 électeurs pour 100 000 habitants. En 1846, 681 électeurs pour 100 000 habitants! Autant dire peau de chagrin!

1848 sera la première avancée démocratique avec le suffrage universel masculin. Universel? Pas tout à fait. La majorité est fixée à 21 ans et il faut résider depuis plus de six mois au même endroit pour pouvoir voter. Plus de six mois? Quel intérêt de mettre un tel détail?  Tout simplement parce qu’à l’époque, les ouvriers disposaient d’un Livret Ouvrier moyen de contrôle social de leur mobilité. Livret obligatoirement visé par les Autorités, intention de destination mentionnée lors d’un déménagement, systématiquement demandé lors des contrôles.  Les ouvriers trop mobiles, peu établis étaient donc écartés des urnes. La menace des ouvriers pesaient donc moins sur le pouvoir de la bourgeoisie industrielle qui se mets alors en place. 96 ans plus tard ce seront les femmes qui pourront voter et un an après les militaires de carrière.  Désormais, il nous apparaît normal d’aller voter, mais ce qui nous est acquis ne l’était pas il n’y pas si longtemps.

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Fileuse

Le métier de fileuse est un métier qu’il aurait été étonnant de ne pas trouver dans l’hinterland d’un port tel qu’on en trouve dans le sud bretagne ou sur les rives de la Loire.
L’hinterland est en géographie la zone d’influence et d’attraction économique d’un port. On l’appelle aussi arrière-pays. Dans cet arrière-pays, les fileuses, pour le cas qui nous intéresse, précèdent la Révolution Industrielle du XIXè siècle. Elles fileront du lin, de la laine etc. Ces fils qu’elles auront réalisés seront ensuite tissés par les tisserands.fileuse

Ces femmes, puisque c’est un métier essentiellement féminin, exercent une profession supplémentaire, ce travail est un plus et apporte un peu de beurre aux épinards. Les Marchands qui leur remettent la matière première passent récupérer le produit après un certain délai. Il y a donc déjà, le souci de la rentabilité, du temps de production etc…

Perrine Barrillé (ca 1766 – 1841), fileuse au Loroux Bottereau (44)

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