François Justome (1894-1918)

JUSTOME François
1894-1918
Prisonnier de guerre
Mort pour la France

François Justome est né le 1er juillet 1894 à Erdeven, Morbihan. Il fait partie de ces soldats, envoyés au front à peine les classes achevées. il sait qu’il n’y coupera pas. Soldat dans l’infanterie, j’ai retrouvé sa trace en faisant des recherches dans les fiches individuelles des Morts Pour la France, via l’interface Mémoire des Hommes. Parfois, on commence la Trajectoire d’un homme par sa fin. Voici ce que j’ai pu reconstituer.
Affecté au 7è RI, il est fait prisonnier lors d’un assaut sur Hangard en Picardie au mois d’avril 1918 http://fr.wikipedia.org/wiki/Hangard .

JustomeCapture

L’assaut ayant été particulièrement violent, il sera d’abord cru disparu, voire tué à l’enemi. Sa fiche individuelle porte d’ailleurs la mention d’un décès “tué à l’enemi” à Hangard. Celle-ci est par la suite rayée, et remplacée par la bonne information. “Allemagne”, placé derrière Hangard, pourrait porter à confusion puisqu’il existe un “Hangard” dans la Sarre. Mais il n’y a jamais eu de combat en 1918, ni de camp de prisonnier là-bas.
François Justome est donc fait prisonnier de guerre, il est transféré au camp de prisonnier de Wiège Faty dans l’Aisne. Pourquoi “Allemagne” est écrit sur sa fiche? Ma réponse sera laconique, sans doute la personne qui a transcrit sa fiche venait d’en faire une série de 10, 20 ou 50 morts au combat, et qu’il a d’abord noté la date de capture, puis au moment d’écrire le classique “tué à l’ennemi”, s’est rendu compte de son erreur, et a rectifié la fiche. Sauf qu’il s’est à nouveau trompé, nouvelle rature donc. L’erreur est humaine ne dit-on pas?JustomeF
Les conditions de détentions des poilus sont des plus déplorables, d’une part on arrive à la fin de la guerre, et l’ennemi n’est pas aussi déterminé qu’on voudrait le faire croire, mais aussi ses moyens lui font défaut, et les prisonniers, bien que protégés par les accords de la Haye, n’en sont pas moins dépouillés de leurs cigarettes, morceaux de chocolat, pinard… Ce qui fait le nerf de la guerre en première ligne.

Capturé en Avril, il décède en octobre 1918. Dans quelles circonstances? On ne peut qu’extrapoler. Les suites d’une blessure? peu probable, puisque qu’on se trouve 6 mois après sa capture. Une maladie? Liée à la promiscuité qui règne dans un camp? certainement. Au cours de l’hiver 1918, il y en a une qui fait des ravages. La Grippe espagnole. Les conditions de détentions sont dures, le prisonnier de guerre, au statut pourtant défini n’est pas logé, nourri, blanchi. Il lutte pour sa survie.  Il est objet de pressions, car à travers lui c’est sur le gouvernement ennemi qu’on cherche à influer.

Une chose est sûre, c’est que sa famille affectée par la perte d’un fils de 24 ans à peine, qui aura passé passé les quatre dernières années de sa vie dans un conflit armée d’une violence inouïe, a saisi l’occasion de perpétuer sa mémoire en participant à la souscription lancée pour l’édification du monument de Sainte Anne d’Auray.  Ce monument a été élevé entre 1922 et 1932, en hommage aux “240 000” soldats bretons morts dans ce conflit. Son nom y est inscrit. Son corps repose à la nécropole nationale “Le Sourd” de Lémé dans l’Aisne.

http://www.bretagne1418.org/fr/poilu/fiche/id_6321

 

 

François Justome, Mort pour la France

 

 

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