Pierre Gouraud (1752-1792)

Né le 12 mai 1752 à Gorges, Province de Bretagne, en pleine Monarchie Absolue, Pierre Gouraud, fils de Pierre et de Gabrielle Grégoire ne pouvait pas durant sa tendre enfance imaginer ce qui allait se passer. Quoique.
Loin des salons parisiens où les esprits des Lumières se font entendre, Loin de Versailles où la Pompadour reçoit la faveur du tabouret (le droit de s’asseoir en présence du Roi) dans le royaume de France, dans les années 1750, on recense des jacqueries, des émeutes de subsistance (Arles, Rouen), et même une tentative de régicide (DAMIENS – 1757). Les histoires de “coeur” du souverain n’intéressent guère la population qui doit composer avec les prix fluctuants du pain, lié au prix du grain, et à une météo froide et pluvieuse, notamment entre les années 1765 à 1777. Bref, je ne vais pas refaire l’histoire de cette période, on la connaît dans les grandes lignes, on en arrive à 1789.
En 1789, soucieux de trouver une solution générale à la crise qui sévit dans son royaume, le roi convoque les Etats Généraux. C’est un fait suffisament exceptionnel pour être ressenti par le peuple comme la volonté du roi de trouver de solution, ou à défaut, de la chercher. Si les cahiers de doléances montrent que le Tiers Etat tient à son Roi, il n’en demeure pas moins qu’il est usé de devoir payer des taxes et des droits multiples, pour des choses aussi simples que le vent (par le biais de l’utilisation des moulins, bien sûr, pas en fonction du nombre de tempêtes annuelles!)
Le cahier de doléance de Gorges, rédigé suite à la réunion d’une vingtaine de personnes, dont Pierre Gouraud, dans la sacristie de l’église, n’échappe pas à la règle. Les représentants du Tiers Etat de Gorges, y font part de leurs inquiètudes, tout en renouvelant leur confiance dans les capacités du Roi à résoudre la crise. On pourrait dire que les sondages de l’époque, bien que tronqués par l’existence du Royaume depuis des temps immémoriaux, donnaient à Louis XVI, une opinion plutôt favorable malgré la crise.
La Trajectoire de Pierre Gouraud fait partie de ces Trajectoires de la fin du XVIIIème siècle qui soulèvent plus de questions qu’elles n’en résolvent. Dans notre cas, c’est l’absence complète d’acte de décès de Pierre Gouraud. Absence complète. Il n’est donc jamais mort?
En fait, au moment de son décès, il n’est pas établi par un acte d’état civil, alors que ce doit être le cas. Mais la force de l’Etat, c’est de sans cesse créer des procédures pour tout. Comment donc? Avec le jugement du tribunal civil du 2 juin 1819, le décès de Pierre Gouraud est établi au mois de décembre 1792.
Pourquoi un jugement pour déclarer un décès qui a eu lieu 27 ans plus tôt?
C’est ce qu’on appelle un jugement déclaratif de décès. Tout individu constitue une personne juridique. Nous existons de notre naissance à notre mort. Avant ou Après; point de Salut. Pour chacun de ces deux évènements, une déclaration est nécessaire à la mairie du lieu de l’évènement. Bien. Il faut pouvoir l’attester (témoins, certificat médical etc.)
Comment fait-on sans corps? ……. Aucune idée?
Reprenons le fil de la Trajectoire qui nous intéresse aujourd’hui.
Décembre 1792 à Gorges. Pierre Pabou a disparu durant ce premier hiver de la jeune république française.


Qu’a-t-il bien pu arriver au citoyen Gouraud?
Le contexte? Une période propice aux révoltes.
L’été 1792 marque le début de révoltes qui une fois amalgamées deviendront en 1793-94 ce que l’on connaît sous le nom de chouannerie. Le jugement déclaratif de décès laisse à penser que Pierre Gouraud a disparu subitement et que son corps n’a pas pu être retrouvé. Quelles autres circonstances qu’une révolte et un départ auraient pu rendre impossible la constatation de son décès? En fait, le Code Civil en son article 88, nous apprends que le jugement déclaratif de décès peut être prononcé après enquête à la suite d’une disparition dans des circonstances de nature à mettre la vie du disparu en danger et lorsque le corps n’a pu être retrouvé….

Pierre Gouraud a disparu en décembre 1792, en tous cas, c’est le moment des derniers signes de vie qu’il a donné, dans des circonstances de natures à mettre sa vie en danger. Au vu du contexte de l’époque, il s’agit donc très probablement d’une révolte à laquelle il prit part, puisque s’il avait été tué à Gorges, son lieu de domicile, son corps aurait été retrouvé.

Pierre Gouraud (1752-1792)

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